Homélie du 06 Novembre 2022

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Chaque dimanche, nous proclamons notre foi en la résurrection. Nous disons que nous croyons en la résurrection des morts (Nicée-Constantinople), ou en la résurrection de la chair (symbole des apôtres). Avec les fêtes de Pâques et de la Toussaint, il ne manque pas de moments où nous nous rappelons que la résurrection est fondamentale dans notre foi. « Si le Christ n’est pas ressuscité, alors vaine est notre foi ! » (I Co 15, 12-19) Cette affirmation de Paul est sans appel. Et pourtant ! La résurrection n’est pas un fait aussi indéniable et évident qu’il y paraît. Nous pouvons dire que nous croyons en la résurrection, mais pas plus aujourd’hui qu’au temps de Jésus, elle fait l’unanimité. Commençons par voir ces objections, face auxquelles vient une révélation progressive de la foi et quelles pistes pour notre foi en la résurrection.

Objections d’aujourd’hui et d’hier

    Nombreuses sont les objections d’aujourd’hui et d’hier. Nombre de nos contemporains vont professer soit au nom d’un athéisme l’impossibilité d’une vie après la mort, soit indifférence, soit une conception plus ou moins claire de la réincarnation. Bien des gens vont dire qu’ils ne croient en rien après la mort. La mort peut alors être comprise comme une sorte de « grand sommeil ». D’autres vont professer une indifférence, ou un a priori d’ignorance : « je ne sais pas ce qu’il y après la mort »…D’autre, enfin, vont être attiré par une croyance plus ou moins forte et plus ou moins vague en une réincarnation au-delà de la mort. En allant même jusqu’à penser la résurrection comme une « réanimation des corps ». Ne croyons pas que notre époque soit pire ou différente des autres. C’est ici que nous voyons toute l’actualité du texte d’Evangile. Au temps de Jésus, les sadducéens qui sont des juifs croyants, ne croient pas en la résurrection. Il y a aussi des contemporains de Paul (Ac) qui n’y croient pas.

Révélation progressive (CEC 992)

            A leur décharge, il nous faut comprendre que nous sommes face à une révélation progressive de ce qu’est la résurrection, selon l’expression même du catéchisme de l’église catholique. Rappelons que le premier texte que nous avons entendu est un des premiers textes qui professe la foi en la résurrection des morts, seulement deux siècles avant Jésus. Ainsi donc, au temps de Jésus, le fait de la résurrection n’est pas assuré, d’où le piège lancé à Jésus. Jésus lui-même dans une parabole entendue il y a peu disait cette phrase étonnante : « “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” (Luc 16)»

Jésus est ainsi donc très cohérent dans sa réponse, c’est-à-dire que ce n’est même pas du côté d’une apparition du ressuscité qu’il faut attendre la solution. La réponse de Jésus puisqu’elle se situe sur le terrain de la tradition juive et est donc compréhensible par les sadducéens ; mais aussi elle affirme la résurrection en rapport à Dieu. Jésus se met sur le terrain de la tradition juive, en reprenant un texte incontournable pour les sadducéens, qui est l’épisode du buisson Ardent : « Dieu est le Dieu des vivants ». Ce faisant, il situe la résurrection en rapport à Dieu et non plus seulement en partant de notre condition mortelle. C’est pour cela qu’il compare notre situation à celle des anges ; puisque les anges, dans la tradition biblique, voient Dieu, et en sont les messagers. Il y a une « rupture » entre ce monde et l’au-delà. Jésus répond donc en distinguant ce monde ci voué à la mort, où il importe en effet d’assurer la survie de l’humanité et le monde la résurrection qui ne connaît plus la mort. Mais, il ne s’attarde pas sur le « comment » de la résurrection.

Quelles pistes pour notre foi en la résurrection

Cette réponse de Jésus est pour nous essentielle. Confrontés très souvent à ce déni de la résurrection, il nous arrive d’envisager des réponses. Nous nous fonderons sur la résurrection de Jésus. Ou bien nous penserons à l’immortalité de l’âme, à la permanence des sentiments, et même de l’amour, que nous avions pour nos défunts. Nous pourrons essayer d’objecter bien des arguments aux tenants de la réincarnation. A tout le moins, nous pensons bien que nous sommes bien des personnes, être humains, et que c’est notre personne, âme et corps qui ressuscitera. Nous oserons parfois des images : la transformation pensée en un parallèle audacieux avec celui de la chrysalide (du papillon). Jésus pour sa part n’utilise que l’image du grand de blé (Jn 12).

Nous pourrons dire comme Denis Moreau, dans son livre « mort où est ta victoire ? » dire que finalement c’est la seule réponse sérieuse à la mort et qui peut nous libérer et de la mort et de nos peurs.

Tout ceci se fera en fonction de nos auditoires, interlocuteurs, mais Jésus nous rappelle cette formidable espérance : nous sommes « héritiers de la résurrection ». C’est héritage nous est déjà donné en partage. Avec le Christ, et en lui nous sommes déjà dès ce monde en marche vers le Royaume. Car, et ceci est le plus important, c’est que la résurrection nous ne pouvons finalement y croire que si nous croyons que nous avons part dès ici-bas à la communion avec Dieu. Mais, elle ne sera totale qu’après la mort et avec la grâce de Dieu. Le Dieu des vivants est le Dieu de la vie maintenant et toujours. Allons vivons pleinement de cette espérance.

+ Michel Leroy, curé

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