Homélie Messe de la Toussaint

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Homélie fête de tous les saints

En cette fête de tous les saints, l’évangile nous montre un itinéraire de sainteté. Un chemin, autre que celui des dix commandements donnés par Moïse au Sinaï. Un chemin de bonheur qui replace l’humanité sur la trajectoire de sa destinée finale : Être heureux. Cette charte résume la vie de Jésus : il n’a pas recherché la santé, la richesse, les honneurs, ni une vie longue, comme nous avons tous tendance à le faire, mais au contraire, Il a vécu pauvrement au milieu des malades, des laissés pour compte, sans avoir où reposer sa tête. Il a fait de sa vie une offrande parfaite qui nous ouvre à la résurrection. Afin de répondre à cet Amour inconditionnel de Dieu pour nous, l’évangile de ce dimanche nous éclaire.

Heureux les pauvres de cœur ! Oui, quelle chance nous avons si, dans l’immense supermarché de nos sociétés gavées, nous savons avancer sans nous alourdir de biens futiles, si notre cœur reste libre et sobre. On parle bien de « Sobriété heureuse » ! Heureux sommes-nous, si nous savons nous dépouiller de nous-mêmes et plus profondément encore, si nous sentons monter en nous le désir de Dieu.

Heureux les doux ! Nous serons doux parce que nous aurons su marier la passion pour le droit et la justice avec le respect de tout opposant.

Heureux ceux qui pleurent. Ce n’est pas une question d’optimisme ou de pessimisme. Souffrons, pleurons de voir la bêtise humaine gâcher le plan de Dieu. Soyons tristes de voir le mal triompher, sans pour autant paralyser nos décisions d’agir. En ces temps troublés par les abus dont les révélations nous accablent chaque jour, et nous sidèrent, Faisons de notre Eglise, une maison sûre.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice. La justice sociale, mondiale, bien sûr, mais plus profondément la justice de Dieu. Ce qui s’ajuste à Dieu. Ce qui compte, c’est de tendre vers cette harmonie, à devenir des justes pour lui !

Heureux les miséricordieux. Ce mot vient de matrice. Eh bien, soyons maternels ! Aimons l’autre comme une femme aime l’enfant qu’elle a porté, même s’il est devenu ingrat. La miséricorde n’a rien à voir avec la faiblesse. Simplement ayons pitié, ne jugeons pas. Comme le bon Samaritain, descendons de la monture de nos suffisances, afin d’accepter de tendre la main pour panser les plaies du frère, d’où qu’il vienne.

Heureux les cœurs purs. Pensons moins à la faute qu’à ce qui la conditionne, à la limpidité de notre cœur. Il s’agit de notre cœur profond, ce lieu où habitent nos pensées les plus secrètes.

Heureux les artisans de paix. Nous sommes tous pour la paix, n’est-ce pas ? Le dialogue, voilà la chose la moins partagée au monde. Savoir faire des concessions ; fut-ce aux dépens de notre amour-propre. Désarmer nos langues, nos mains, nos regards et nos gestes, Soyons des « Chrysanthèmes » selon le souhait du Bienheureux Michel, dont notre paroisse porte maintenant le nom, des « fleurs d’or » qui symbolisent la joie, la paix, l’éternité. Les cimetières en sont ornés comme une prière perpétuelle.

Heureux ceux qui sont persécutés. Alors là, non, c’est trop demander ! Si nous cherchons à vivre les béatitudes, nous aurons inévitablement des ennuis. Le Bienheureux Célestin, dont notre paroisse porte aussi le nom, disait alors qu’il se trouvait dans l’obligation de quitter son presbytère : « J’habiterai donc désormais, au 18 rue André Chénier au cœur des HLM de la Boissière. Toute cette vie est la vôtre, et j’aime votre vie, j’aime vos combats, j’aime vos solidarités, j’aime votre espérance, c’est là ici au milieu de vous que j’ai appris à être heureux ».

A chaque béatitude est annoncée une promesse, répétée deux fois au début et à la fin : « le Royaume des cieux est à eux » ! Ce bienfait unique est détaillé en une variété de dons adaptés à chaque béatitude, et qui sont autant de citations empruntées aux prophètes : « obtenir la terre promise, être rassasié, jouir de la consolation d’Israël, voir Dieu, être son fils, obtenir miséricorde, et dans cette diversité, un bienfait unique : Dieu lui-même » !

En Jésus, un nouveau Moïse est là pour nous conduire au bonheur éternel. Et c’est sur une montagne, qu’il nous indique le chemin. Par sa passion, sa mort et sa résurrection, il a obtenu la sainteté à la foule des élus dont nous avons la joie de porter les prénoms. Puissions-nous connaître un jour le bonheur de ceux qui ont cherché Dieu.

Jean-Marie Ouedraogo, Toussaint 2022, à Sautron

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