Homélie du dimanche 22 mai 2022

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Comme dimanche dernier, nous retournons aujourd’hui au dernier repas de Jésus, le soir du Jeudi Saint. Dans ce très long discours, Jésus donne ses dernières instructions à ses disciples. C’est en quelque sorte son testament. Vous vous souvenez qu’il a ouvert ce discours par son commandement nouveau : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». C’était l’Evangile de dimanche dernier. Aujourd’hui, il développe ce commandement. Il cherche aussi à rassurer ses disciples, qui sentent bien que le moment est grave : Jésus leur annonce son prochain départ vers le Père. « Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé ». Dans quelques heures, il sera arrêté, jugé mis en croix.
Je vous propose de nous arrêter sur 3 mots qui reviennent dans ce passage et qui éclairent le sens du testament laissé par Jésus à ses disciples, avant d’entrer dans sa Passion. Qui éclairent aussi l’engagement que vous prenez au nom de Sacha et Chloé, pour qui vous demandez le baptême.
Le premier mot, c’est le mot garder : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ». Quelle est-elle, cette parole qu’il nous faut garder comme signe et condition de notre union à Dieu ? « Chez lui, nous ferons notre demeure ». Bien sûr, il s’agit d’une invitation à être fidèle au commandement d’amour : « aimez-vous les uns les autres ». Comment ? Pas en répétant les mots comme un mantra ou une formule magique, mais en les mettant en pratique.
Rappelons-nous l’enchaînement des événements pendant cette dernière soirée avec ses disciples : avant de leur donner ses ultimes consignes, Jésus vient de donner un exemple très concret de cet amour fraternel, en leur lavant les pieds. Une façon de dire que son commandement d’amour, c’est tout simplement : « mettez-vous au service les uns des autres ». Voilà comment tu peux rester fidèle à Ma Parole : en te mettant au service de tes frères. Alors, « mon Père t’aimera, nous viendrons vers toi, et, chez toi, nous nous ferons une demeure ». Ces paroles, elles s’adressent aujourd’hui encore à Sacha et Chloé à qui vous devrez les transmettre, en étant vous-mêmes, leurs parents, parrains et marraines, des pratiquants fidèles du commandement d’amour. Elles s’adressent aussi à chacun de nous, dans cette église. Comment sommes-nous gardiens et témoins fidèles de l’enseignement du Christ, en vivant l’amour fraternel au quotidien ? Jésus est très clair : « Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ».
Le second mot, il est malheureusement d’une douloureuse actualité. C’est le mot Paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Je l’ai déjà dit : Jésus veut d’abord rassurer ses disciples, à qui il vient d’annoncer coup sur coup la trahison de Judas, son prochain départ, et le triple reniement de Pierre. Ils sentent bien que tout ça va mal se terminer. Alors il leur donne sa Paix, avec l’Esprit, artisan de cette paix au cœur de la communauté chrétienne. Une paix qui n’est pas donnée « à la manière du monde », cette fausse tranquillité que nous trouvons parfois dans nos familles, dans nos communautés, qui consiste à cacher sous le tapis tout ce qui peut diviser, pour éviter les conflits, ou à imposer une solution par la force
On a un joli exemple avec la 1ère lecture, extraite des Actes des Apôtres. Elle nous raconte l’épisode dite du Concile de Jérusalem. La jeune Eglise connaît une crise grave : des chrétiens issus du judaïsme voudraient imposer aux croyants venus du paganisme la vieille pratique juive de la circoncision. Imaginez qu’avant de baptiser Sacha, on vous demande de le faire circoncire ! C’est non seulement l’unité de la jeune Eglise qui est en péril, mais aussi son identité et son témoignage.
La jeune Eglise n’esquive pas le problème en le renvoyant à l’étude d’une commission de théologiens. Elle n’impose pas non plus la solution par la force, en donnant raison à l’un ou l’autre camp. « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé ». Elle privilégie le respect de chacun, la fidélité à l’appel du Seigneur dans la diversité des origines et des situations des croyants. La paix dans l’amour fraternel, un bel exemple à méditer quand nos familles, nos communautés traversent des périodes difficiles. Savons-nous toujours privilégier le dialogue fraternel, le respect du chemin de chacune et de chacun ?
Revenons pour terminer à l’Evangile, avec le troisième mot, le mot joie : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie », dit Jésus à ses disciples qui précisément ont « le cœur bouleversé ». Et on les comprend ! Pour eux, l’heure n’est pas au plaisir et à la sérénité, mais au trouble et à l’inquiétude. Ils pressentent ce qui va se passer, mais ils ne sont pas encore en état de le comprendre. Dans les heures qui viennent, ils vont assister, témoins douloureux et impuissants, à la Passion et à la mort de leur Maître. Jésus doit les préparer à traverser cette épreuve. Il sait que ses disciples ne pourront passer des ténèbres du vendredi à la lumière du matin de Pâques, saisir la signification de son grand passage, sa Pâque, sans l’aide de l’Esprit Saint. « Le Défenseur, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Alors seulement pourra jaillir en eux la joie de la Résurrection, et ils pourront annoncer au jour de Pentecôte : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. Alléluia ! »
C’est au même passage à travers la mort vers la Vie que nous sommes associés par le plongeon dans l’eau du Baptême.
« Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez ».
Viens, Esprit Saint, viens en nos cœurs,
Viens, Esprit Saint, Consolateur et Défenseur,
Fais jaillir en nous la paix et la joie du Ressuscité,
Viens consolider notre fidélité à sa Parole,
Garde-nous dans l’amour au service de nos frères.
AMEN ! ALLELUIA !

Loïc Lainé

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