Homélie du dimanche 13 février 2022

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Heureux ! Ce mot revient à nos oreilles et à nos cœurs depuis le début de la liturgie de la parole, et il retentira encore au cours de cette célébration. Un mot que l’on entend retentir ou en en creux dans tout ce qui fait notre vie, et la vie de nos contemporains. Et même chanté « il est où le bonheur » ? beaucoup se posent cette question aujourd’hui. Et voilà que Jésus nous parle en le situant ici à portée des personnes marquées par la faim, les pleurs, la persécution. Un bonheur qui se veut aussi proposé à tous, et en particulier en ce dimanche de la santé. Être heureux, selon le chemin proposé par Jésus, selon l’appel qu’il nous a adressé depuis notre baptême et sur lequel nous sommes revenus dimanche dernier. Un appel qui retentit en ce dimanche de la santé.

Heureux ou comment avec Jésus traverser la vie

Heureux en cette vie. Le mot heureux a donné naissance aux mot béatitudes. Mais, les béatitudes de Luc ne sont pas les mêmes que celles de Matthieu. Et donc il nous faut sans doute faire un petit effort pour les entendre vraiment d’autant plus qu’avec Luc viennent bénédictions et malédictions qu’il faut associer, lier pauvre et riches, faim, et satiété, pleurs et rires, persécution. Et surtout comprendre que c’est Jésus lui-même l’homme des béatitudes qui est venu de Dieu, qui s’est désapproprié de tout ce qui est sa richesse, sa divinité, il ne retint pas d’être traité à l’égal de Dieu. Lui, Jésus sera persécuté, et nous voyons qu’il faut suivre aussi ce chemin. C’est aussi ce que Marie dira dans son cantique d’action de grâce.

Sur ce chemin des béatitudes, ce n’est pas la pauvreté en soi qui rend heureux. Quand Jésus dit « j’avais faim…et vous m’avez donné à manger, j’étais nu et vous m’avez habillé ». (Mt 25), nous entendons qu’il nous faut lutter contre toutes les formes de pauvreté, d’exclusions. Mais nous pourrions entendre de la part de ceux qui vivent dans des conditions précaires, qu’ils savent qu’ils n’ont aucune prétendue sécurité qui pourrait les sauver, et ils peuvent alors accueillir Dieu qui peut les aider à vivre et ainsi et nous aider à poser un autre regard sur la vie ; c’est pour cela, et c’est aussi vrai en cette période synodale, il nous faut les écouter, leur donner la parole pour comprendre ce qu’ils vivent.

Même au cœur de la maladie

Une autre béatitude peut rejoindre beaucoup parmi nous. Heureux vous qui pleurez. Les difficultés en cette vie ne manquent pas. Et en particulier en ce qui touche la santé. Un moment de réflexion nous est proposé en ce dimanche de la santé. On le voit bien en cette phase marquée depuis deux années par cette épidémie comme notre rapport à la maladie peut et vient percuter tout ce qui pouvait faire notre assurance. Là encore, Jésus nous montre qu’être heureux ne correspond pas à une situation, surtout personnelle, mais elle nous invite à prendre en compte la vie des autres. « J’étais malade et vous m’avez visité. » (Mt 25) voilà aussi ce que Jésus nous dit. Pour autant, la rencontre des personnes malades n’a rien d’évident. Nombreux sont les témoignages de personnes disant combien la maladie a pu même faire le vide autour d’eux. En ce domaine, il n’y a pas de recette toute faite. Les personnes qui assurent ce service, comme professionnels, ou en famille ou encore dans la pastorale de la santé savent bien ce qu’il faut d’humilité pour venir à la rencontre des autres. C’est-à-dire humblement se mettre à l’écoute de ce qui fait leur vie, une vie qui peut ou non être le lieu d’une découverte de Dieu, surtout quand la maladie vient percuter tous les repères. Une humilité, qui doit surtout nous habiter, tant nous savons ou nous découvrons que ce chemin de vie comporte des hauts et des bas, des moments de lassitude et d’espoir. C’est au cœur de cette vie que se trace le chemin d’une rencontre possible de Jésus-Christ. Tout n’y mène pas forcément et la maladie elle-même peut ne pas y mener. Mais, en même temps, il s’agit en accompagnant les personnes, de leur faire découvrir que Dieu en Jésus-Christ n’est pas insensible à leur vie. C’est pour cela que l’Eglise propose l’accompagnement de la pastorale de la santé et aussi régulièrement le sacrement de l’onction des malades. Comme son nom l’indique il est proposé aux personnes malades et pas seulement aux personnes en fin de vie. Dites bien autour de vous que cela est possible et même à tout âge.  

Surtout et enfin, cette parole indique un sens, un but.  Le but n’est pas seulement d’avoir une bonne santé ou de la retrouver, mais d’être toujours plus du Christ, comme lui, et comprendre que nous avons à le rencontrer, l’accueillir dans tout ce qui fait notre vie et de croire que notre vie a sens dans le Christ ressuscité ainsi que nous le dit Paul.

L’ayant rencontré, nous pourrons continuer comme lui. Comme Jésus, nous sommes sur cette montagne de la rencontre avec Dieu, et nous pouvons comme Jésus avoir cette attention aux personnes les plus fragiles. « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11, 28).

+ Michel Leroy

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