Homélie du jour de Noël

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En ce matin de Noël, les lectures de la messe du jour nous placent dans une ambiance bien différente de celle de la messe de cette nuit. Pas de nouveau-né à la crèche, ni de bergers et de moutons. Mais des textes d’une très grande profondeur théologique, qui nous conduisent aux fondamentaux de notre foi, ce que les Pères de l’Eglise appelaient « l’économie du Salut ».

Prenons donc un peu de temps pour méditer ensemble sur ce qui fonde notre foi en Jésus, notre Sauveur.

Avec Isaïe, d’abord : « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut ». A Jérusalem dévastée, dont la population a été déportée à Babylone pendant plus de 50 ans, le prophète annonce la libération, le prochain retour sur la terre d’Israël.

Voilà la bonne nouvelle portée par le messager qui court de colline en colline.

Voilà le salut annoncé pour le peuple de la promesse, qu’accueillent les guetteurs du haut des murailles de la ville.

Un salut qui s’élargit à toutes les nations, comme le pressent déjà Isaïe. Comme le dit aussi le Psaume : « La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le SEIGNEUR, terre entière. Sonnez, chantez, jouez ! » « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime ». Nous l’avons chanté cette nuit, avec les anges, à la crèche.

La libération, le salut, étendu à toute l’humanité réconciliée en Christ : poursuivons notre méditation avec la Lettre aux Hébreux. Elle expose de manière très claire la pédagogie de notre Dieu : après avoir « parlé à nos pères par les prophètes », il nous parle aujourd’hui « par son Fils ». Au cœur de notre foi, ce mystère de l’incarnation du Fils, le Verbe de Dieu qui prend chair humaine en Jésus pour renouer le dialogue entre l’humanité et son Créateur.

Ecoutons enfin le prologue de Jean. Il nous propose une vision superbe de l’histoire du salut : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ».

Le lien est immédiat avec le début de la Bible, les premiers mots de la Genèse : « Au commencement ». Jean affirme la présence du Verbe avec Dieu, en Dieu, l’union intime du Verbe avec le Créateur.

« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». C’est bien le cœur de notre foi qui est affirmée ici : Jésus de Nazareth, l’enfant nouveau-né de Bethléem, le fils de Joseph et de Marie, est bien le Verbe, le Fils de Dieu, le messie attendu par son peuple.

« Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu ». Drame du messie rejeté, du salut refusé. La même difficulté à reconnaître aujourd’hui encore la présence de Dieu en Jésus. Tant d’hommes, tant de femmes, qui veulent bien voir Jésus comme un prophète, adhérer à son message… mais pas de le reconnaître comme Fils de Dieu, comme Dieu lui-même !

« A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom ». Quel cadeau nous fait le Saint Esprit : celui de pouvoir à nouveau dans quelques instants proclamer la foi de l’Eglise. Oui, nous le croyons, Jésus est notre sauveur. Il est venu nous libérer du mal, nous réconcilier avec Dieu son Père. A notre tour, avec Jésus, nous pouvons appeler Dieu « Notre Père ».

Mais nous le savons : pour nous libérer, pour nous sauver, celui qui a pris notre humanité dans le nuit de Noël passera par la mort et la résurrection. « Au commencement » dans l’Evangile de Jean fait bien sûr écho au récit des origines pendant la Vigile pascale. Et le chant des anges autour de la crèche fait écho aux paroles du matin de Pâques : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ».

Voilà le sens de toute l’histoire du salut, la destinée de l’humanité, et celle de la création toute entière, celle aussi de chacun d’entre nous : l’enfant de la crèche nous ouvre le chemin de la réconciliation avec le Créateur. Une réconciliation qui ne trouvera son achèvement qu’à la fin des temps, quand notre humanité sera toute entière réunie en Christ.

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur ». A Noël, Dieu nous donne le plus beau des signes de son amour ! Comme le messager d’Isaïe, courons annoncer la Bonne Nouvelle à tous nos frères et sœurs.

Alors pourra s’accomplir la vieille promesse d’Isaïe : « Tous les lointains de la terre verront le salut de notre Dieu ».

AMEN

Loïc LAINE, diacre

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