Homélie du dimanche 12 décembre 2021

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Depuis le début de notre célébration, les paroles que nous avons entendues sont en complète contradiction avec la réalité que nous vivons. Sophonie, Isaïe, Paul invitent leurs contemporains à crier de joie, à bondir de joie, à être toujours dans la joie. C’était peut-être bien pour eux ! Mais pour nous est-ce encore possible ? Comme l’écrit notre évêque dans le journal diocésain de décembre : Nous sommes inquiets, nos contemporains sont inquiets : pandémie, difficultés économiques et sociales, tensions internationales, crise des abus sexuels dans l’Eglise… La liste est encore longue des motifs d’inquiétude… Oui, nous sommes inquiets ! Fin de citation. Alors, où est l’erreur ? Comment concilier la joie à laquelle nous appelle la Parole de Dieu et l’angoisse croissante qui envahit le monde ?

Un premier mouvement consiste peut-être à convertir notre manière d’être. A cesser de craindre le malheur pour écouter Dieu, le héros qui apporte le salut. Comme l’affirme le psaume : Voici le Dieu qui me sauve. J’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Il ne s’agit pas de fuir la réalité ni d’entrer dans la méfiance affichée par les complotistes ou le désespoir provoqué par les prophètes de malheur. Il s’agit d’élargir notre regard pour découvrir, au-delà des nuages qui menacent notre avenir, les signes de lumière et d’espérance qui se multiplient dans le monde et autour de nous. Le Seigneur est proche, nous dit Paul dans sa lettre aux Philippiens.
Au lieu de gémir sur nous-mêmes, pouvons-nous écouter Paul qui oriente notre regard vers celui qui vient nous sauver ? Paul nous invite à rendre grâce à Dieu, à le prier, à le supplier, à lui faire connaître nos demandes.
• Rendre grâce à Dieu, c’est le remercier pour la miséricorde et le réconfort qu’il envoie à son Eglise éprouvée ; c’est reconnaître l’espérance de la démarche synodale qu’il inspire à son Eglise, c’est discerner les signes de sa proximité et de son amour qu’il nous adresse à travers les gestes de solidarité qui se multiplient…
• Prier Dieu, c’est entretenir la relation et le dialogue avec lui en toute circonstance…
• Supplier Dieu, c’est renouveler avec insistance notre confiance en lui…
• Exprimer nos demandes à Dieu, c’est solliciter son pardon dans la situation du fils perdu, c’est implorer son aide pour nous-mêmes et pour nos frères et sœurs en difficulté…

Dieu n’attendra pas Noël pour nous combler de cadeaux. La préparation de la fête, c’est déjà la fête. Et Dieu nous communiquera une joie et une paix qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. Il gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus qui vient.

Un second mouvement peut nous conduire à convertir notre manière d’agir. « Que devons-nous faire ? » demandent à Jean-Baptiste les foules, les publicains et les soldats. La première réponse s’adresse aux foules, donc à nous tous ! Elle tourne notre regard vers toutes les personnes dont la vie est en danger. Dans sa lettre « Laudato Si », le pape nous invite à écouter « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». Dans sa lettre « Fratelli tutti », il nous invite à partager notre terre, notre toit, notre travail avec les victimes chassées de chez elles par les catastrophes naturelles, la violence, la misère, l’exclusion. A son retour de Chypre et de Lesbos, lui-même accueille au Vatican une cinquantaine d’exilés. A Sautron et à Orvault, dans nos communes et dans nos paroisses, des actions s’organisent telles que « Partage-solidarité », « Hiver solidaire », « l’apprentissage du Français » ou « Le réveillon des chapeaux ». Des jeunes s’engagent dans des opérations ponctuelles comme la collecte de fonds, la distribution de « boîtes solidaires » avant l’hiver. Et nous, que pouvons-nous faire ?
Les deux autres réponses de Jean-Baptiste aux publicains et aux soldats s’inscrivent simplement dans le juste exercice de leur mission ordinaire. Pour les uns, ne pas exiger plus que les consignes reçues, pour les autres renoncer à la violence ou aux fausses accusations. Ces conseils spécifiques ne les dispensent pas d’écouter les réponses adressées par Jean-Baptiste aux foules dont ils font aussi partie. Alors, si nous transposons ces appels de Jean-Baptiste à notre quotidien, Jésus ne se contentera pas d’apparaître dans nos crèches le jour de Noël, il brûlera au feu tout ce qui nous empêche de l’accueillir sur nos chemins de vie. Ce sera vraiment Noël !

Voilà ce qui, malgré l’inquiétude et la morosité ambiantes dans notre société, nous permet d’entrer dans une joie et une paix profonde à l’annonce de la Bonne Nouvelle pour tous. Dès maintenant, accueillons Jésus qui se donne dans l’Eucharistie que nous allons célébrer ensemble.

Hubert Ploquin, diacre.

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