Homélie du dimanche 14 novembre 2021

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Homélie du 33ème dimanche du temps Ord. Année B.

« J’ai 15 ans et je sais ce que c’est que la pauvreté. La pauvreté, c’est comme une maladie qui me détruit doucement et me marque profondément. Mais comme une maladie, elle peut être combattue et disparaître… »

En cette journée mondiale de lutte contre la pauvreté, je commence mon homélie avec les paroles d’une jeune adolescente Léa, qui crie sa détresse face à la précarité. Son cri rejoint la soif d’un monde meilleur, d’un monde d’amour où la fraternité et la justice triompheront de la haine, de l’indifférence et des violences. Les temps incertains que nous traversons diffèrent peu des situations que les textes de ce dimanche annoncent. La télévision, la radio, les journaux nous saoulent de mauvaises nouvelles : guerres, dérive climatiques, épidémie, pandémie, famine… Sommes-nous à la fin des temps ? Les exploits des astronautes, le retour de Thomas Pesquet sur terre, les voyages sur Mars ou sur la lune annoncent-ils des jours meilleurs ? Les textes de la liturgie de ce dimanche portent un message d’espérance malgré les annonces de scènes de bouleversements dans les lectures. Comment comprendre ces textes de fin des temps aujourd’hui ?
                                             Le prophète Daniel, au cœur de la persécution, utilise un genre littéraire spécifique aux temps de crises, pour raviver la foi de ses contemporains. Il annonce une perspective de délivrance pour son peuple au cœur de la persécution. Il utilise un langage connu de son public pour décrire ce qui arrivera dans les jours prochains. Michel, archange de la victoire qui triompha contre le diable, et ses anges, prendront la revanche sur les puissances hostiles. Cette intervention divine délivrera le peuple pour toujours. Le salut tant attendu est à l’horizon. Israël est invité a quitté sa robe de tristesse et à se projeter dans le salut de Dieu, l’espérance d’Israël.
                                             Dans l’Evangile, saint Marc utilise des images fortes pour rassurer les fidèles dans leur espérance. L’image du figuier au cœur de l’hiver qui bourgeonne avec le froid, annonçant la belle saison, illustre l’avènement d’un monde meilleur malgré les tribulations actuelles. Comme le dit Jésus « tout passe » et c’est cette vérité que Léa confirme en parlant de la pauvreté qui peut être combattue et disparaître. Saint Marc écrit lui aussi son évangile à une époque de persécution, d’où l’emprunt du même genre littéraire que Daniel, pour réconforter les fidèles. Les images de grande détresse, de soleil qui s’obscurcira, de la lune qui ne donnera plus de lumière, des étoiles qui tombent et des puissances célestes ébranlées, résument tout le flou, le désastre et la tristesse causés par la persécution. La parole de Jésus vient rassurer : «   …Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’Homme est proche, à votre porte. » Un jour nouveau se lèvera par-delà les crises et les tribulations qui nous envahissent. Au cœur de la détresse et de la pauvreté, des bénévoles se donnent pour plus de justice, et pour une répartition équitable des biens de la terre. Comme par exemple le CCFD-Terres Solidaires, dans les pays d’Afrique qui me sont chers, ou l’opération d’accueil de sans logis « Hiver Solidaire » qui a été organisée l’an passé à Sautron, ou bien encore le Secours Catholique, en cette journée mondiale des pauvres, instaurée par le pape François pour le 14 novembre ; Notre Eglise prend sa place et annonce un monde meilleur par ses œuvres, son écoute et sa proximité. Puissions-nous, chacun personnellement, prendre notre place dans cette lutte, en nous y engageant concrètement.
                                             Aujourd’hui donc, et spécialement en cette journée mondiale de lutte contre la pauvreté, nous sommes tous envoyés pour préparer ce monde nouveau. Jésus en toute humilité ne nous dit pas quand arrivera ce jour. Ceux qui prédisent la fin du monde pourront bien le faire mais le Christ précise « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connait, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils mais seulement le Père. » L’heure n’est pas aux polémiques des fins de temps, mais à l’action qui hâte le jour du Seigneur. La lettre aux Hébreux nous rassure que le Christ nous a obtenu le salut par sa passion. Il nous a réconciliés avec Dieu en nous accordant son pardon. Ce pardon nous oriente tous vers le jour du Fils de l’Homme. « Ciel et terre passeront, mes paroles ne passeront pas ». Fort de cette parole, travaillons à l’instauration du monde nouveau où la pauvreté sous toutes ses formes sera vaincue et disparaitra. C’est en cela que nous participerons à l’avènement du Fils de l’Homme. Levons nos têtes et engageons-nous dans le salut à venir qui traversera nos ténèbres, nos violences, et même nos péchés. Construisons un monde nouveau dans le quotidien et le Fils de l’Homme ne nous surprendra pas à sa venue. Amen !
Jean-Marie Ouedraogo
Homelie-du-33eme-dimanche-du-temps-ordinaire-V02
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