Homélie du dimanche 27 juin 2021

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Les 2 lectures que nous venons d’entendre ne font pas vraiment partie du Top 10 des textes choisis quand on célèbre un baptême. Un père qui appelle au secours pour sa jeune fille mourante, et une réflexion sur le sens de la vie, et surtout de la mort. Pourtant, leur message est clairement lié au sacrement que vont recevoir dans quelques instants Antonin, Manon, et Joseph.

3 petites notes pour éclairer ce message.

La première : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants ».

C’est donc le début de la 1ère Lecture, extraite du livre de la Sagesse, l’un des textes les plus tardifs de la Bible, écrit moins de 50 ans sans doute avant la naissance de Jésus. On y trouve trace de l’interrogation fondamentale pour le croyant juif, comme pour nous-mêmes : nous croyons en un Dieu bon, qui a tout créé par amour, et notamment l’homme à son image. Comment accepter   alors la souffrance et la mort ? Sont-elles voulues par Dieu ? La réponse proposée par la Bible, longuement mûrie au cours des siècles et de leurs épreuves, est celle que nous venons d’entendre : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants ». Et malgré les apparences, « La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre ». Notre vie humaine est bien semence d’éternité, « car la justice est immortelle ». Le texte ose affirmer : « Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité ». Pourtant, comme nous, le croyant juif est réaliste : la mort fait bien partie de la réalité de la vie. Ce n’est donc pas seulement de notre mort terrestre, charnelle, que parle le Livre de la Sagesse. On trouve ici trace d’une foi juive dans une vie au-delà de la mort biologique, où Dieu pourra corriger les injustices de ce monde, et récompenser le juste. Bien sûr, cette intuition va trouver tout son sens avec la mort et la résurrection du Christ, l’innocent injustement mis à mort pour le salut de ses frères.

Seconde note : « L’enfant n’est pas morte : elle dort ».

En rappelant à la vie la fille de Jaïre, Jésus atteste avec force qu’il est bien le Maître de la vie. Il vient incarner l’affirmation croyante du Livre de la Sagesse. Il montre aux rares témoins du miracle, les parents de la jeune fille, et ses 3 disciples les plus proches, que le Père qu’il annonce est bien le Dieu de la vie. Que la mort n’a jamais le dernier mot quand nous choisissons de nous situer du côté de Dieu : avec Jésus nous sommes appelés à passer à travers la mort – et pour lui pas un simulacre de mort, mais la mort violente de la croix – pour entrer dans la vraie Vie, la vie avec Dieu.

C’est bien ce que nous célébrons dans le Baptême, sacrement de l’accueil de cette semence de vie nouvelle en Christ.

Troisième et dernière note : « Talitha koum » « Jeune fille, lève-toi ».

Le même appel sera lancé dans quelques instants à Antonin, Manon, et Joseph. Vous répondrez en leur nom, vous leurs parents, parrains et marraines. En leur nom vous allez d’abord renoncer au péché, c’est-à dire à tout ce qui nous éloigne de Dieu et nous attire vers la mort. La fin de la première lecture nous éclaire sur le sens de ce rite que nous avons parfois un peu de mal à comprendre, avec notre mentalité moderne et rationnelle : choisir de rejeter l’amour de Dieu, c’est vite se retrouver en état de mort spirituelle. Au contraire, choisir de rejeter le péché, c’est prendre le parti de la vie avec Dieu. Et remettre toute sa confiance en Dieu, comme Jaïre quand il appelle Jésus à l’aide pour sauver sa fille : « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ». Un véritable acte de foi au Dieu de la Vie, à ce Dieu qui vient « changer mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie », comme chante le Psaume.

Vous allez être invités à faire le même acte de foi au nom de vos enfants, et nous tous ensuite avec vous. En proclamant notre foi au Dieu Père, Fils et Esprit, nous choisissons le camp de Dieu, le camp de la vie avec Jésus-Christ ressuscité. Nous nous engageons à devenir images de ce Dieu-Père qui nous a faits à sa propre identité, donc à vivre en fils et filles bien aimés, comme Jésus, en vrais témoins de sa Bonne Nouvelle, animés de son Esprit d’amour !

Joli cadeau que vous faîtes à Antonin, Manon, et Joseph, en les présentant devant le cuve baptismale.

Joli programme de vie pour eux et pour vous-mêmes, leurs parents, parrains et marraines… et aussi pour chacune et chacun de nous qui avons été baptisés dans la même foi en Jésus-Christ ressuscité.

AMEN

Loïc LAINE, diacre

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