Homélie du dimanche 25 avril 2021

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 4ème dimanche de Pâques

          « Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. » nous dit Saint Jean. Sachons nous émerveiller et dire merci à Dieu. Quelle chance nous avons de nous savoir aimés de Dieu comme des enfants ! Tout enfant qui naît est aimé de Dieu. Dieu lui offre son amour et lui propose de faire route avec Lui sur le chemin de la vie. Vous le savez bien, l’amour ne s’impose pas mais se propose. Le baptême initie cette relation unique entre Dieu et l’homme. L’homme, la femme, le jeune ou le petit enfant qui vient pour être baptisé, répond à l’amour premier du Seigneur. Une relation unique et personnelle s’établit alors avec Dieu et avec tous les baptisés de la communauté chrétienne. C’est le corps mystique du Christ qui se bâtit. C’est ce que nous avons vécu lors des baptêmes célébrés en ce temps pascal. Dans notre monde, qui ne connaît pas l’amour de Dieu, nous dit Saint jean, nous avons eu la chance de rencontrer le Seigneur. Ainsi, nous pouvons nous appuyer sur la pierre d’angle qu’est le Christ et marcher à la suite du bon pasteur en disciple missionnaire.

          Le bon pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : nous avons tous du prix à ses yeux. Chacun d’entre nous peut dire : je compte pour Dieu. Voilà une conviction qui nous empêche de désespérer et qui nous conduit à l’action. Nous pouvons faire confiance à ce bon berger qui veille sur ses brebis, qui se fait proche de celle qui est mal en point. Il n’abandonne pas ses brebis quand vient le loup, quand vient l’épreuve. Oui, Dieu est le bon berger et le Christ est la pierre d’angle sur laquelle nous trouvons un appui solide. Sur notre route, nous ne sommes pas seuls. Nous sommes invités à avancer sous le regard du bon berger qui donne sa vie pour ses brebis.

          Au milieu des faux prophètes de notre temps, il n’y a qu’un seul vrai berger, qu’un seul pasteur, qu’un seul sauveur, qui nous connaît personnellement et qui nous aime tel que nous sommes. Ce berger, nous apprenons à le connaître durant toute notre vie, par les évangiles, par la prière, par les rencontres fraternelles… Il est notre lumière sur le chemin tantôt joyeux, tantôt éprouvant de notre vie. Il nous guide et nous révèle notre vocation personnelle. Lorsque le désir de Dieu rencontre le désir profond de l’homme, c’est la joie ; et cette rencontre du Seigneur nous pousse à aller de l’avant. Les vocations sont multiples : à chacun de découvrir son chemin de vie et de répondre à l’appel du Seigneur. Tous les états de vie sont des vocations. Toute vocation implique un engagement personnel dans la durée. C’est vrai pour les prêtres, les diacres, les religieux, religieuses, consacré(e)s, c’est vrai aussi dans le mariage ou le célibat. Sur les chemins de nos vies, c’est Lui, le Christ, qui nous invite, sans cesse à avancer, car, il est « le chemin, la vérité et la vie ».

          « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas dans cet enclos : Celles-là aussi, il faut que je les conduise ». C’est impératif. Après la résurrection, Jésus fait irruption dans la salle où ses apôtres sont enfermés à double tour, et après s’être fait reconnaître, il les envoie sur les carrefours et sur les places annoncer la bonne nouvelle. Il leur donne rendez-vous en Galilée, terre des païens et des non juifs et lieu de passage rempli d’étrangers. Pas question de rester replié, renfermé. Dans les actes des apôtres que nous venons de lire, Pierre rempli de l’Esprit saint affronte les chefs du peuple et les anciens : « Sachez-le donc vous tous, … Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié, mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme infirme se trouve là devant vous bien portant. » Pour Jésus, la bonne nouvelle doit se répandre : « le Royaume de Dieu est pour tous, juifs et païens, hommes et femmes, riches et pauvres, » bien-portants et malades ; personne n’en est exclu. 

Je cite notre évêque : « Nous voilà donc invités par le Christ Ressuscité à le rejoindre en Galilée, aux « périphéries » si nous voulons parler la langue du pape François. Et pour y faire quoi ? Pour construire des carrefours afin de permettre à nos contemporains d’emprunter la route de l’Évangile. Se tenir au carrefour, c’est rayonner l’Évangile par notre manière d’être et de nous situer en disciple du Ressuscité au cœur des débats, des luttes et des progrès qui animent la société et le monde. Jésus n’a pas fait autre chose durant son passage au milieu de nous : il a annoncé le Royaume, il a accueilli les pauvres et les affligés et les a remis debout, il a guéri, il a pardonné, il a partagé simplement la vie des gens pour mieux leur révéler qu’elle est appelée à la Joie ». Mgr Percerou.

          La mission que le Christ a reçu de son Père, c’est de rassembler toutes les brebis, et en particulier celles qui sont hors de l’enclos. Il nous le promet : Il y aura « un seul troupeau et un seul pasteur ». Ce n’est pas demain la veille, alors que 95% de nos concitoyens sont éloignés de l’Eglise… alors que l’Eglise, pour beaucoup, s’est faite lointaine, du fait du repli sur elle-même et des fautes de ses membres qui brouillent le message du Christ… Mais nous savons que le Père est miséricordieux. Il ne renonce jamais à aller chercher la brebis la plus abimée, défigurée… Il ne renoncera jamais à rassembler toutes les brebis. A nous chrétiens de relever le défi à la suite du bon pasteur.

          Durant le temps pascal, la première lecture n’est pas tirée de l’ancien testament mais des actes des apôtres. La première communauté chrétienne nous est donnée en exemple, avec une insistance particulière sur la nécessité de ne pas rester renfermé, mais au contraire de sortir annoncer la bonne nouvelle par nos paroles, nos actes et notre manière d’être.

Yves Michonneau, diacre

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