Homélie du dimanche 18 avril 2021

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3e DIMANCHE DE PÂQUES – ANNEE B

Dimanche 18 avril 2021

Les récits de la Résurrection de Jésus que l’on découvre dans les quatre évangiles, insistent sur le fait que c’est bien ce Jésus que les disciples ont connu avant sa mort, ce Jésus qui avait un corps comme le leur, qu’ils ont vu vivant après sa mort. Dans l’évangile de ce jour, Luc nous dit que lorsque Jésus fut présent au milieu d’eux, il leur dit : « La Paix soit avec vous ! » Or, ils « étaient frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit ». Il a fallu que Jésus leur montre son corps marqué par les traces de la mort, qu’il mange devant eux un poisson grillé pour qu’ils en viennent à oser croire à l’impossible : celui qui était mort est vivant. Il est ressuscité dans son corps : il n’est pas un ange ou un esprit. C’est ce même Jésus – qu’ils ont connu vivant puis mort – qui est aujourd’hui bien vivant devant eux. Jésus, après sa résurrection, demeure un homme comme eux… En lui c’est l’humanité entière – corps, âme, esprit – qui est passée de la mort à la vie.

L’évangéliste Luc souligne deux points importants : Jésus, ce soir-là, ouvre ses disciples à l’intelligence des Écritures et il leur demande d’en être les témoins

Premier point : L’intelligence des Ecritures. Nous l’affirmons dans le « Credo » : Il ressuscita le troisième jour conformément aux Écritures. Dans la première lecture, tirée des Actes des apôtres, Pierre explique au peuple juif que la mort et la résurrection de Jésus étaient annoncées dans les Ecritures.  Nous avons entendu : « Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole. » Et, dans l’Évangile, Jésus lui-même ouvre l’esprit de ses disciples à l’intelligence des Écritures : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes »

 « Il fallait que s’accomplisse l’Ecriture… » Cette expression du Nouveau Testament pourrait donner l’impression que la vie de Jésus était programmée et quasiment écrite à l’avance. Nous croyons au contraire que Jésus est l’être libre par excellence. Si Jésus est passé par le calvaire et la mort sur une croix, c’est uniquement par amour. Tout au long de sa vie, Jésus n’a jamais cessé de vivre dans cet esprit d’amour et de partage avec tous les hommes. Il a connu la fatigue, la faim, la soif. Il a affronté la peur de la souffrance et la perspective de la mort. Il fallait bien qu’il soit avec nous jusqu’au bout. Dans toutes les circonstances de la vie, chacun de nous peut dire :  Jésus y est passé avant moi et il est là avec moi pour me donner force et courage dans les épreuves. En aimant les siens jusqu’à l’oubli total de lui-même, Jésus nous a révélé l’amour de Dieu qui est fidèle jusqu’au bout.

Dans les Ecritures, Jésus a trouvé le vrai visage du Messie qu’il devait être.  Ce chemin de la croix, du don de sa vie, qui a été choisi par Jésus, se retrouve en effet dans les chants du Serviteur souffrant du prophète Isaïe, au chapitre 53, que nous avons lus ou entendus le Vendredi Saint : « Il était méprisé, laissé de côté par les humains, homme de douleur, familier de la souffrance. Ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.… Par ses souffrances mon Serviteur justifiera des multitudes. »

Les apôtres ont compris, à ce moment-là, tout le sens de l’aventure qu’ils vivaient. Pierre, à l’occasion du discours qu’il prononce devant le peuple rassemblé en remontre aux autorités religieuses juives et leur fait une véritable démonstration sur Jésus, en qui s’accomplissent les Écritures.

Saul de Tarse, notre Saint Paul, lui aussi, ouvrira son cœur à l’intelligence des Ecritures. Il était beaucoup plus cultivé que les autres apôtres, car il avait fait des études de la théologie juive à Jérusalem mais il n’avait rien compris. Tout s’éclairera, tout s’illuminera quand il rencontrera  Jésus Christ sur le chemin de Damas.

Jésus ressuscité est vainqueur de la mort et du péché. Avec lui, il n’y a plus de situation désespérée. Il n’y a plus de péché sans pardon. Celui qui est tombé peut désormais se relever. Celui qui est en situation d’échec peut retrouver l’espérance. La mort n’a plus le dernier mot. Comme Jésus et à sa suite, nous sommes tous appelés à passer de ce monde au Père. Voilà ce message d’espérance qui vient raviver notre foi.

Deuxième point : « À vous d’en être témoins » Nous avons essayé de comprendre cet évangile, mais le plus important reste à faire : nous devons nous mobiliser. La mission de l’Eglise qui naîtra à la Pentecôte commence à la Résurrection mais elle n’est pas réservée aux disciples qui ont rencontré Jésus après sa Résurrection. Elle sera transmise à tous ceux et celles qui l’auront rencontré, comme vous et moi, dans la foi. Notre monde a besoin d’entendre une parole qui libère et qui lui donne espoir. C’est en devenant témoins de Jésus ressuscité que nous pouvons ouvrir de nouveaux chemins dans un monde écrasé par la pandémie, les divisions et la corruption. Dans la Lettre de saint Jean que nous avons lue dans la deuxième lecture il est écrit : « Par son sacrifice, Jésus obtient le pardon de nos péchés, non seulement des nôtres, mais encore de ceux du monde entier ».

En conclusion, écoutons quelques extraits de la prière que le pape François a prononcée cette année le jour de Pâques : « Que le Seigneur nous fasse participer à sa Résurrection … qu’il fasse de nous des hommes et des femmes capables de faire mémoire de ce qu’Il accomplit dans notre histoire personnelle et dans celle du monde. Soyons convaincus que la rencontre de Jésus Ressuscité est possible pour ceux et celles qui en entendent parler… Il nous enseigne chaque jour, chers frères et sœurs, à ne pas chercher parmi les morts celui qui est vivant, afin qu’en Lui et pour Lui nous puissions vivre à jamais, dans le réconfort et la paix ! »  

Au cours de cette eucharistie, demandons l’aide de Dieu notre Père, de Jésus et de l’Esprit Saint pour que nous puissions porter au monde la paix du Christ ressuscité. Alleluia !


André Roul, diacre

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