Homélie du dimanche 24 janvier 2021

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« Vite, Jésus t’appelle ».

Comme dimanche dernier, les textes d’aujourd’hui nous parlent d’appel. Vous y avez réfléchi, les enfants, avant la messe, puisque ce matin c’est justement une étape de votre démarche vers la première communion : le temps de l’appel. Si vous avez bien écouté les lectures, vous avez entendu qu’elles contenaient une note un peu différente de la semaine dernière : un sentiment d’urgence. « Vite, Jésus t’appelle ». Reprenons chacun de ces textes.

Jonas, d’abord : « Lève-toi, va à Ninive ! »

J’aime bien l’histoire du prophète Jonas. Ce n’est pas une histoire vraie : c’est un petit conte, une histoire inventée pour nous dire des choses sur Dieu et sur nous. Nous avons lu ce matin un résumé de cette histoire. Car en fait, Jonas ne répond pas tout de suite à l’appel de Dieu. Dieu lui demande donc de partir pour Ninive, la grande ville, la capitale d’un empire lointain et puissant, un empire païen, qui ne connaît pas Dieu… pour lui demander de se convertir. Pour Jonas, c’est mission impossible. Alors il commence pas se sauver très loin. Mais Dieu ne l’oublie pas, car il a besoin de Jonas. Et Jonas finit par lui obéir. Il va à Ninive et parcourt la ville en criant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Et là, surprise : « Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu ».

Alors Dieu renonce à détruire Ninive, ce qui met Jonas très en colère. Il n’a pas compris que Dieu était beaucoup plus patient que nous, un Dieu qui pardonne à l’homme, qui lui laisse le temps de répondre à son appel, et de se convertir, de changer de vie. Le temps de Dieu n’est pas celui de l’homme… Ce n’est pas une raison pour ne pas répondre à son appel, bien au contraire. Ouvrons nos cœurs et nos oreilles, comme les habitants de Ninive !

Car le temps des hommes n’est pas celui de Dieu. C’est ce que nous dit la deuxième lecture, la Lettre de Paul aux Corinthiens. « Frères, je dois vous le dire : le temps est limité ».

Avec une conclusion qui peut nous surprendre : « Car il passe, ce monde tel que nous le voyons ». Pas de panique : Paul n’annonce pas la fin du monde ! Rappelons-nous toujours que les premiers chrétiens attendaient avec impatience le retour de Jésus, persuadés qu’il viendrait très vite. Voilà pourquoi Paul dit aux chrétiens de Corinthe, qui étaient baptisés, mais continuaient à vivre comme les païens de Ninive, de changer leur vie.

Pour nous, aujourd’hui, ça ne veut pas dire qu’il faut tout arrêter pour attendre Jésus. Mais c’est une invitation à réfléchir à ce qui est vraiment important dans notre vie.

C’est un des effets de la période étrange que nous vivons en ce moment, avec le Covid et les confinements : on a un peu l’impression que le temps est comme suspendu, que nous vivons dans une grande parenthèse. C’est une bonne occasion pour faire le tri : qu’est-ce qui est vraiment important, essentiel, dans ma vie ? Sûrement ce qui me manque : les copains, les grands-parents que je n’ai peut-être pas pu embrasser à Noël, les cousins que je n’ai pas pu voir, le sport, le scoutisme, l’école même, qui a manqué, au printemps dernier. Heureusement qu’elle n’a pas été refermée jusqu’à aujourd’hui. Et puis aussi les rencontres entre chrétiens, la messe, l’Eucharistie. Certains parmi vous ont été obligés d’attendre un an pour communier. Bien sûr, on peut rencontrer Jésus de plein d’autres façons qu’à la messe. Mais l’Eucharistie, la communion, c’est drôlement important pour notre foi, pour notre vie. C’est essentiel !

Alors, les enfants, vous avez bien raison de vous y préparer, de tout votre cœur, pour bien accueillir Jésus.

Avec l’Evangile, nous retrouvons ce même sentiment d’urgence : « aussitôt ».

Vous l’avez entendu dans le texte : Simon-Pierre et André, Jacques et Jean font avec Jésus une rencontre importante, une rencontre qui change leur vie. C’est comme un coup de foudre. « Aussitôt, laissant leurs filets, leurs barques, leur père… ils le suivirent ». Et ils partent avec Jésus pour proclamer l’Evangile : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ».

Et nous, sommes-nous prêts à tout quitter pour suivre Jésus ? C’est ce qu’a fait Jean-Marie, qui est devenu prêtre, et qui a quitté son pays, le Burkina, sa famille, ses amis, ses habitudes, pour se mettre au service de nos paroisses de Sautron et Orvault, et célébrer aujourd’hui la messe avec nous. Merci, Jean-Marie.

Alors bien sûr, Jésus ne nous demande pas à tous de faire la même chose, de quitter tous ceux qu’on aime pour le suivre. Mais il nous demande de faire de la place dans notre vie pour travailler nous aussi à annoncer l’Evangile.

Comment ? Il y a plein de façons de le faire.

Pour vous, les enfants, c’est d’abord prendre le temps de bien préparer la première de vos communions, en allant au caté, à la messe, pour rencontrer Jésus.

Pour nous, les adultes, c’est prendre plus de temps pour la prière, la lecture de la Bible, le partage avec des frères, aussi pour participer aux activités de la paroisse. Notre nouvelle paroisse de Sautron et d’Orvault va avoir besoin de bras nombreux, pour annoncer l’Evangile autour de nous ! Il y a de place pour tous.

Car aujourd’hui encore, Jésus nous appelle : « Vite, lève-toi ! »

A chacun de répondre, à la manière du jeune Samuel, et comme vous l’avez fait au début de cette messe, les enfants : « Me voici, Seigneur ».

AMEN

Loïc LAINE, diacre

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