Homélie de la fête du Baptême du Seigneur

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Jésus a beaucoup grandi en une semaine : dimanche dernier, nous avons laissé un petit enfant à Bethléem, que les mages venaient adorer. Aujourd’hui, Jésus est un adulte d’environ 30 ans, et nous le retrouvons au bord du Jourdain. Il vient se faire baptiser par Jean. Jean-Baptiste, nous l’avions déjà rencontré avant Noël, au 2e dimanche de l’Avent : il baptisait les foules qui venaient vers lui pour recevoir le pardon de leurs péchés. Aujourd’hui, c’est Jésus lui-même qui s’avance pour recevoir le Baptême. C’est une grande fête, et un moment très important pour la vie et la mission de Jésus… donc pour nous aussi !

Pour essayer de mieux comprendre ce que signifie le baptême de Jésus, on va réfléchir ensemble à partir de 3 questions.

1) La première, c’est sans doute la plus compliquée. Les théologiens y ont beaucoup réfléchi, depuis longtemps. « Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain ». Pourquoi Jésus vient-il se faire baptiser par Jean ?

Jean donnait un baptême pour le pardon des péchés, et les gens faisaient une démarche de conversion, s’engageaient à changer de vie. Jésus avait-il lui aussi des péchés à se faire pardonner, et une vie à changer ?

Alors, pourquoi s’est-il fait baptiser ?

Par solidarité avec son peuple, avec le peuple d’Israël, avec toute l’humanité pêcheresse. Bien sûr, Jésus n’a pas besoin de la purification des péchés donnée pas Jean, car il est sans péché. On le verra très vite, dans la scène suivante de l’Evangile : les récits de la Tentation. Jésus veut manifester par son plongeon dans le Jourdain qu’il fait partie d’une humanité qui a besoin d’être lavée de son péché. Mais son geste va plus loin : par sa mission même, il vient justement laver l’humanité et l’entraîner à sa suite dans une vie réconciliée avec Dieu. Les Pères de l’Eglise ont exprimé cela avec de jolies formules : Proclus, évêque de Constantinople vers 450, a écrit par exemple que par son baptême Jésus « a endossé le péché du monde. Il a sanctifié les eaux et il a illuminé les âmes des hommes ». Comme si Jésus en entrant dans l’eau du jourdain avait pris sur lui tous les péchés que les hommes y avaient déposé. Pour les porter ensuite jusqu’à la croix, et les effacer dans sa mort et sa résurrection. Oui, le Baptême de Jésus, c’est son premier pas vers Pâques.

2) La deuxième question, elle est plus facile : qu’est-ce que le baptême de Jésus nous apprend sur Jésus ?

Bien sûr, écoutons la voix du Père. « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Jésus est le fils de Dieu, rien que ça !

Et vous avez fait attention aux détails du texte ? Après le Baptême de Jésus apparaît une colombe, le Saint Esprit. Jésus est l’un des 3 qui sont notre Dieu : nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. manifestation de notre Dieu en 3 personnes. L’Evangile dit aussi : « Il vit les cieux se déchirer ». Dès que Jésus est baptisé, les cieux s’ouvrent. Ce n’est pas une simple éclaircie entre les nuages : il faudrait relire la première lecture, avec Isaïe, qui évoque la Parole de Dieu qui vient du ciel comme la pluie et la neige pour féconder la terre. Sans Jésus, nous perdons le contact avec Dieu. Jésus, c’est vraiment celui qui vient reconnecter le ciel et la terre, renouer le lien entre Dieu et les hommes. Il est le plus beau cadeau d’amour fait par Dieu à l’humanité. Et ça réjouit le cœur de Dieu. « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Quelle belle parole pour un père, une mère, qui parle ainsi de son enfant. Ce qui conduit tout droit à ma troisième question.

3) Qu’est-ce que le baptême de Jésus vient nous dire sur notre propre baptême ?

« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Oui, à chacun de nous, Dieu dit la même chose le jour de son baptême. Voilà qui change bien des choses : nous sommes tous des enfants bien-aimés de Dieu, et frères et sœurs de Jésus. On le chante souvent, au baptême.

2 conséquences : d’abord, si je suis comme Jésus enfant bien aimé de Dieu, ça doit se voir dans ma manière de vivre. Je ne peux pas me comporter n’importe comment… mais au contraire, je dois essayer de vivre comme Jésus, c’est-à-dire de façon à ce que Dieu puisse dire de moi : « en toi, je trouve ma joie » ! Exigeant, n’est-ce pas ? St Jean le dit à sa façon dans la 2e lecture : « Il faut accomplir l’amour de Dieu et garder ses commandements » !

Et puis, je ne suis pas seul à être baptisé. Nous sommes donc nombreux à qui Dieu dit : « Tu es mon enfant bien aimé ». Alors, apprenons à regarder nos frères et sœurs comme des enfants bien aimés de Dieu. Ça change tout, surtout quand on a du mal à s’entendre, ou qu’on est un peu en colère !

Alors pour conclure, je vous laisse avec 2 petits exercices très simples pour la semaine qui commence. Très simples, mais pas faciles à vivre !

Le premier : à chaque fois que tu rencontres un frère, une sœur, surtout si tu as un peu de mal à l’aimer, prends le temps de te dire : « celui-ci, celle-ci, lui aussi, elle aussi, c’est l’enfant bien aimé du Père ». Tu verras, ça changera un peu la relation avec lui, avec elle…

Le deuxième : le matin, quand tu te lèves, le soir, quand tu te couches, ou à tout autre moment de la journée, tu te redis à toi-même. « Je suis l’enfant bien-aimé du Père ». Et puis tu pries le Seigneur : « Envoie sur moi ton Esprit, pour que tu trouves en moi ta joie ». Tu verras, ça changera un peu ta vie !

AMEN

Loïc LAINE, diacre

10/01/21, en la Fête du Baptême du Seigneur

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