Homélie du Dimanche 22 novembre 2020

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SOLENNITE DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS

Chers frères et sœurs, si vous n’avez pas encore entendu ou lu les lectures de ce dimanche, je vous invite vivement à consacrer quelques minutes pour en faire connaissance et même les méditer avant de lire cette homélie.

En 1925, le pape Pie XI a demandé qu’au dernier dimanche de chaque année liturgique, l’Eglise célèbre la fête du Christ-Roi. Ce mot « Roi » risque d’évoquer pour nous des images révolues. Cela peut nous faire penser, pour nous français, à Louis XIV, le roi-soleil, avec sa cour, son château de Versailles, son exercice d’un pouvoir absolu. Non, ce n’est pas comme cela que le Christ présente la royauté de Dieu. D’ailleurs, il ne règne pas sur un seul territoire mais sur tout l’univers, sans pour autant s’imposer de force à la liberté humaine. C’est pour cela que, depuis 1970, cette fête du Christ-Roi a reçu la nouvelle appellation de « fête du Christ, Roi de l’Univers ».

XXX

Dans la première lecture, tirée du prophète Ezéchiel, Dieu s’adresse au peuple juif, vivant en exil sur une terre étrangère et il lui annonce qu’il prendra désormais en mains la fonction de pasteur de son peuple. Comme un berger fait paître son troupeau, il « fera paître » lui-même son peuple. L’attention du Seigneur aux besoins particuliers de chaque membre de son peuple est frappante dans ce texte : « la brebis perdue, je la chercherai, l’égarée, je la ramènerai, celle qui est malade, je lui rendrai des forces » Plus personne n’a le droit de désespérer car il veille lui-même à discerner les membres du peuple qui causent préjudice à leurs frères et sœurs : « Je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs » Dieu, le bon berger, interviendra pour faire régner l’ordre dans son troupeau

Nous constatons, dans l’Evangile que Jésus n’a pas hésité à s’appliquer à lui-même le rôle de pasteur que Dieu s’attribuait dans le texte d’Ezéchiel. Dans l’Evangile de St Jean, au chapitre 10, Jésus se décrit lui-même comme le vrai pasteur de la nouvelle alliance : « Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » Cela prouve que le Père a remis entre ses mains son pouvoir divin sur la création et sur l’humanité. C’est lui désormais le Pasteur par lequel Dieu conduit son peuple « sur des prés d’herbe fraîche » où il le « fait reposer ».

C’est bien le message du psaume 22 que nous propose la liturgie de ce jour : « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer. » En ce temps d’épreuve que nous traversons, nous sommes tous invités à faire pleinement confiance au Seigneur qui veille sur chacun de nous.

Dans le bref passage de la première lettre aux Corinthiens que nous lisons aujourd’hui, Saint Paul décrit la résurrection du Christ comme le triomphe d’un roi après un dur combat. La résurrection dont le Christ a bénéficié n’est pas un évènement qui le concerne seul : « Il est ressuscité des morts pour être parmi les morts le premier ressuscité ». Cette résurrection personnelle fait du Christ le chef d’une humanité nouvelle. Jésus est la révélation du Dieu d’amour, de l’amour qui est en Dieu ; Jésus a vécu l’amour jusqu’à en mourir. La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous. 

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, en annonçant le jugement des temps derniers, Jésus nous invite à donner, dès maintenant, le meilleur de nous-mêmes, pour le service des plus petits. Jésus s’identifie à l’humanité souffrante et il nous dit que nous serons jugés sur l’amour que nous aurons témoigné à nos frères. L’Evangile nous demande de les aimer comme Jésus les a aimés. Il nous dit aussi que nous serons jugés sur notre amour ou notre manque d’amour. Le jugement vient nous rappeler la primauté des actes sur les paroles. Il ne suffit pas de dire, il faut agir. C’est chaque jour que nous avons à puiser à la source de Celui qui est l’Amour. C’est avec le Christ Roi de l’Univers que nous apprenons à aimer comme il nous aime.

A l’heure du jugement final, chacun apparaîtra tel qu’il est avec ce qu’il a fait de sa vie, des autres et de Dieu. C’est à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez, les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli…” Par sa victoire sur la mort et le péché, Jésus nous a ouvert les portes du Royaume ; mais il nous revient d’y entrer déjà à partir de ce que nous vivons dès aujourd’hui, en nous faisant proches du frère qui demande du pain, un vêtement, un accueil, une solidarité. À travers lui, c’est Jésus qui est là. Il nous promet de récompenser tout acte d’amour, si modeste soit-il. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.

XXX

Le Christ reviendra en Juge. Oui !  Mais, comprenons bien : Dieu ne juge pas comme nous le faisons. Dieu veut le salut de tous. Au dernier jour, nous rencontrerons non pas seulement notre Juge mais notre Rédempteur. La chose émouvante est que Dieu ne nous juge pas en parcourant la liste de nos faiblesses mais celle de nos gestes de bonté. Le Christ exerce sa royauté comme bon pasteur parce que sa royauté que nous célébrons aujourd’hui est la royauté de l’amour et du service, du don, de la miséricorde.

Nous allons voir Jésus : quelle joie ! Car ce Christ juste Juge, sur le moindre signe de conversion et de repentir de notre part, se hâtera de nous dire : « Entre dans la joie de ton maître ! ».

André Roul, diacre

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