Homélie du Dimanche 15 novembre 2020

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« Tends ta main au pauvre ». C’est le titre du message du pape François pour la 4ème Journée mondiale des pauvres, célébrée ce dimanche, qui est aussi la journée de collecte nationale du Secours Catholique.

« Tends ta main au pauvre ». Voilà un rappel bienvenu en ce mois de novembre reconfiné, où nous pourrions être tentés de nous replier sur nous-mêmes, certains sortant très peu de chez eux, d’autres continuant à se rendre à l’école ou travail, pressés ensuite de retourner se confiner à domicile. Avec le risque d’oublier tous ceux qui sont confinés dehors ou trop à l’étroit, ceux aussi qui craignent pour leur travail et leur avenir, ceux qui souffrent d’isolement et de solitude…

« Tends ta main au pauvre ». Le lien est direct avec les lectures de ce dimanche, et d’abord avec le portrait de la femme parfaite, au livre des Proverbes : « Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main aux malheureux ». Elle fait le bonheur de toute sa maison. Un bonheur quotidien, simple et tranquille, chanté aussi avec le Psaume. C’est bien le projet de Dieu pour celui qui le craint, c’est-à-dire celui qui l’aime et « marche selon ses voies ».

« Heureux es-tu ! A toi, le bonheur ! »

« Tends ta main au pauvre ». Le ton est bien différent chez St Paul, plus dramatique. Il met les chrétiens de Thessalonique en garde. Il y a urgence : le Seigneur vient. Alors, pas question de céder à la facilité d’une vie tranquille ! « Soyons vigilants et restons sobres ! ».

Heureux es-tu, toi qui restes en tenue de service !

« Tends ta main au pauvre ». Avec la Parabole des talents, l’Evangile nous place encore plus fortement devant nos responsabilités : « Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes ».

Le grand sujet de la parabole, c’est la question de la confiance : avez-vous remarqué combien le verbe confier revient souvent dans ce texte ?  Voilà le drame du troisième serviteur : le maître lui avait fait confiance, comme aux deux serviteurs fidèles. Mais lui, en retour, répond par la peur, et la méfiance. Il est déjà jugé : il s’est jugé lui-même.

Heureux es-tu, toi qui mets ta foi dans ton Seigneur !

« Tends ta main au pauvre ». L’histoire des talents, c’est aussi une invitation à prendre des risques. La femme parfaite du livre des Proverbes, c’est d’abord une femme d’action. « Ses mains travaillent volontiers ». Le Psaume confirme : « Tu te nourriras du travail de tes mains ». Et Paul insiste : « ne restons pas endormis comme les autres ». Les deux premiers serviteurs de la parabole ont osé prendre le risque de perdre les fortes sommes qui leur avaient été confiées, 5 talents pour l’un, 2 pour l’autre… Le troisième s’est contenté d’enterrer le seul talent reçu…

Belle leçon de vie chrétienne, surtout en cette période de repli sur soi : pas de confiance sans prise de risque ! Tout ce que nous avons reçu de Jésus, son message d’amour, pas question de l’enterrer au fond de notre cœur ou de notre jardin. Il nous faut prendre le risque de vivre et d’aimer, même en temps de COVID !

Heureux es-tu, toi qui regardes l’avenir avec espérance !

« Tends ta main au pauvre ». La parabole des talents, c’est encore une invitation à produire du fruit. Comme la femme idéale : « Célébrez-la pour les fruits de son travail ». Comme les deux premiers serviteurs, qui ont fait fructifier le don reçu, chacun selon ses capacités. « Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie », écrit le pape François dans son message pour la Journée mondiale des pauvres.  « En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! »

Alors nous aussi, tendons le main et portons du fruit, pour Dieu et pour nos frères, en travaillant avec confiance à la réalisation de son projet d’Amour. «  Le but de chacune de nos actions ne peut être autre que l’amour », dit encore François. « Que la prière transforme la main tendue en une étreinte de partage et de fraternité retrouvée ».

Heureux es-tu, toi qui fais le pari du partage et la fraternité !  

« Tends ta main au pauvre ». Le Maître n’a qu’un rêve, pouvoir dire à chacun de ses serviteurs, à chacun de nous, à son retour :

« Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur ».

AMEN

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