Homélie du Dimanche 5 juillet 2020

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Dans le passage d’évangile de dimanche dernier, les exigences posées par Jésus à ceux qu’il envoie en mission nous paraissait presque au-dessus de nos forces.  Aujourd’hui, il nous est bon d’entendre de la bouche même du Christ, que son joug reste facile à porter et son fardeau, léger. Le secret de cette affirmation, c’est sa relation au Père. Au cours de ses  3 années de  vie publique,  il a fait l’expérience de la difficulté de sa mission, qui l’a conduit à la Croix. Mais il l’a vécue pleinement, grâce à sa relation intime avec son Père. A l’exemple du Christ, et à sa suite, nous sommes invités à nous laisser regénérer par notre baptême, pour devenir sans cesse des « nouvelles créatures ». Et pour cela, il est nécessaire de se faire « tout petits », humbles et disponibles à l’exemple des enfants comme l’indique  la béatitude : « bienheureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ».

Cette invitation à se faire tout-petit, nous la retrouvons dans l’extrait du livre du prophète Zacharie que nous venons d’entendre en première lecture. Zacharie annonce pour le peuple la venue d’un vrai roi, un roi juste, c’est-à-dire ajusté à Dieu. Et peut-être même, ce roi pleinement ajusté à Dieu pourrait-il être Dieu lui-même ? Ce roi, si c’est Dieu, n’a pas besoin d’une puissante cavalerie pour instaurer un avenir de paix, non seulement pour les rescapés de son peuple, mais pour toutes les nations. L’annonce de la venue de ce roi, n’est-ce pas  aussi une préfiguration du Christ lui-même ?  Et si c’est le Christ lui-même qui se profile en filigrane derrière ce roi annoncé par Zacharie, cela nous concerne tous, nous qui avons été configurés au Christ roi-serviteur, par le baptême, pour vivre comme des nouvelles créatures.

Le psaume qui suit est une invitation à acclamer le règne de Dieu. Cette acclamation a des accents qu’on retrouvera dans le « Notre Père ». Le mot « Père » n’est pas employé dans ce psaume, mais les attributs de « tendresse et de pitié », de patience et d’amour, de bonté et de fidélité, reconnus au Dieu de l’Alliance nous préparent à ce que Jésus nous dira au sujet du Père. La référence à ceux qui tombent fait évidemment penser à la finale du Notre Père :  « délivre-nous du mal ».   

La seconde lecture est un extrait d’une lettre de saint Paul à la communauté chrétienne de Rome. Pour Paul, Rome est certes la capitale de l’empire romain, qui domine tout le bassin méditerranéen, mais c’est aussi, en quelque sorte, le centre du monde. Or pour lui, ce monde entier doit absolument entendre l’Evangile du Christ. C’est une nécessité, pour lui, qui se présente comme envoyé aux païens (c’est-à-dire aux non-juifs). Pour lui, le Dieu manifesté en Jésus, est un Dieu de miséricorde, qui accueille tout le monde. Le Christ, par sa mort et sa résurrection, a tout changé pour les chrétiens. Désormais, par leur baptême, ils  sont sous l’emprise de l’Esprit et  donc invités à se désencombrer de l’emprise de la chair qui brime leur liberté. Lorsque les nouveaux baptisés reçoivent le vêtement blanc et le cierge ils entendent cette invocation de la part du prêtre ou du diacre : « par ton baptême, tu as revêtu le Christ, tu es devenu une créature nouvelle. Que cette lumière te permette d’avancer dans la vie en enfant de lumière et de vivre toujours dans la clarté et dans la joie ».

Dans l’évangile de ce jour, Jésus se présente comme « doux et humble de cœur ». Tout son message repose sur sa relation intime avec son Père.  Pour lui, Dieu se définit à la fois comme  « Père », «  Dieu créateur », « Seigneur du ciel et de la terre »,  qui préfère se « révéler aux tout-petits », «  plutôt qu’aux sages et aux savants ». Et c’est dans cette logique, qu’il s’adresse en priorité à ceux qui peinent « sous le fardeau » et à qui il veut procurer « le repos ».

Si nous savons prendre ce chemin d’humilité, nous rejoindrons tous ces « tout-petits », chers au cœur de Jésus et de son Père. Avec Dieu, nous ne sommes plus seuls au milieu de  nos galères et de  nos soucis. Avec lui, notre joug sera facile à porter. C’est un appel à lui faire confiance.

Lorsque les parents disent qu’ils choisissent de faire baptiser leur enfant pour que Dieu le protège, ils disent tout simplement, avec leurs mots, qu’ils comptent sur le Christ pour les aider à bien accompagner leur enfant afin qu’il prenne le bon chemin à travers les méandres de sa vie.

Voilà donc le message  transmis aujourd’hui à travers ces lectures : parce que baptisés, nous sommes devenus des créatures nouvelles, 

configurés au Christ prêtre, pour offrir à Dieu notre Père la vie du monde et la manière dont les hommes gèrent la Création qu’il a mis à leur disposition,

configurés au Christ prophète en accueillant sa parole, en s’en nourrissant, et en la vivant à travers nos actes et nos choix, de manière à ce qu’elle donne envie aux autres de la connaître et d’en vivre à leur tour.

Configurés au Christ roi, en assumant nos responsabilités, de parents, de citoyens, de travailleurs, d’enfants, de jeunes, de retraités, et en prenant soin particulièrement des plus fragiles et des malmenés par la vie.

Mes  amis, bon chemin avec Jésus.

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