Homélie du 21 juin

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12 ème DIMANCHE ORDINAIRE – année A – 21 juin 2020 – Sautron.

« Soyez donc sans crainte ». C’est le message qui nous est offert par les textes de ce 12 ème dimanche ordinaire.  Cette parole résonne de manière particulière en cette période tout à fait inédite, qui ébranle les bases de notre société et qui appelle à repenser fondamentalement les priorités de notre existence ainsi que les choix à faire pour une vie plus simple, plus conforme à la nature de l’homme, et au respect de notre « maison commune », comme le rappelle le pape François dans son encyclique « Laudato’Si ».

Hier, j’ai rencontré les enfants du catéchisme avec Claire et Charlie, pour leur dernière rencontre de cette année et j’ai été agréablement surpris qu’un bon nombre d’entre eux avait beaucoup apprécié cette période de confinement que nous venons de traverser, surtout parce qu’ils étaient avec leurs parents et frères et sœurs toute la journée, et qu’ils ont pu parler et jouer avec eux. Il faut dire que, vous  les enfants vous avez cette fraîcheur de regard, cette  capacité à toujours voir les bons côtés des choses, et à vivre le moment présent dans la joie,  ce qui nous aide, nous les adultes  , qui voyons souvent les choses en négatif, à garder l’espérance.   

L’invitation qui nous est adressée à travers les textes que nous venons d’entendre c’est de mettre Dieu au centre de notre espérance et faire de son fils Jésus, un compagnon de route, malgré les difficultés qui peuvent survenir.

  
Dans la première lecture, nous découvrons que Jérémie, qui passe pour  un prophète de malheur, est accusé de haute trahison alors que l’ennemi menace la patrie. Il ne dit pourtant rien d’autre que d’annoncer ce qui sera la situation quelques temps après. Seulement, on ne veut pas l’entendre. Il dérange. Aussi, pour le faire taire, il est jeté en prison et condamné à mort. En fait, on lui en veut parce qu’il ne proclame pas le message qui plairait aux gens. Mais Jérémie tient bon, car il met toute sa confiance en Dieu qui l’a appelé à parler en son nom.

L’extrait de l’évangile proposé ce dimanche, se situe après la destruction de Jérusalem par les occupants et on peut penser que Matthieu s’adresse aux chrétiens auxquels on reproche de ne pas être du côté de ceux qui veulent se débarrasser des Romains qui ont détruit le temple. 

C’est dans cette atmosphère de tension, que surgit un cri d’encouragement « N’ayez pas peur ». Et Matthieu donne 3 raisons de ne pas avoir peur et de faire confiance.

1ère raison : « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ».

C’est l’affirmation de la force formidable de la Parole de Dieu quand elle est proclamée avec foi. A travers le témoignage du croyant, c’est Dieu lui-même qui se révèle ; lui seul est capable de changer les cœurs. Lui seul connaît la vérité de chaque être humain. On peut lui faire confiance, car ce n’est pas un Juge pour condamner, mais un Père pour aimer et   il  regarde chacune et chacun  avec bienveillance.

2ème raison : «Ne craignez pas ceux qui tuent les corps sans pouvoir tuer l’âme. »  Les persécuteurs peuvent tuer le corps de leurs victimes, par contre, ils ne peuvent pas atteindre la vie de l’âme, c’est-à-dire la liberté du témoin et son espérance indéracinable. Au cours de la longue histoire de l’Eglise, plus de 2000 ans, il y en a eu des croyants qui ont tout risqué, même leur vie, à cause de leur foi. Tous ces gens ont misé sur la confiance en Dieu qui n’abandonne jamais ceux qu’il aime.

Il faut bien reconnaître que souvent nos peurs sont liées à des préoccupations matérielles qui en fait nous emprisonnent. Nous craignons avant tout pour nos biens, nos assurances, nos chances de promotion. Mais par contre, nous ne nous préoccupons pas forcément beaucoup de notre liberté , ce bien si cher,  et de ce qui nous fait vivre profondément.

3ème raison : «Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux ». Dieu est Père de toute vie, nous sommes dans sa main, comme toutes ses créatures, mais combien plus il prend soin de nous, combien plus il nous aime, combien plus que les petits moineaux, puisqu’il a mis en nous une part de sa vie. Comme un petit enfant tout contre sa mère, nous n’avons qu’à nous abandonner, dans la confiance à son amour, comme sainte Thérèse, la petite Thérèse. Alors, quand on prend conscience de cela, on ne peut qu’être dans la joie et louer Dieu d’être en sécurité dans sa main. C’est ce que nous faisons quand nous nous retrouvons ensemble, comme ce matin, au cœur de   l’Eucharistie : rendons grâce au Seigneur notre Dieu. C’est au moment de la préface, mais toute l’Eucharistie est une action de grâce.

Et puis, pour montrer combien Dieu prend soin de nous, l’évangéliste Matthieu dit que même les cheveux de notre tête sont tous comptés. Vous me direz, pour moi, cà sera vite fait, car ils commencent à se faire rare !

Voilà donc les trois raisons de ne pas avoir peur, mais ça n’est pas pour autant que Jésus fait comme si c’était facile, et qu’il est insensible aux difficultés qui peuvent se faire jour dans notre chemin de foi. Jésus nous l’a bien montré, lui-même a éprouvé des émotions et des craintes. Cependant, il les a vaincues en redisant, jusque sur la croix sa confiance en son Père.

De même, le prophète Jérémie n’a pas cherché à se blinder, pour ne plus être sensible à ce qui lui arrivait, et aux critiques de tous bords. Dès le premier instant de sa vocation, il a exprimé la crainte de ne pas être à la hauteur de ce que Dieu attendait de lui. Là encore, sa confiance a été la plus forte : « C’est à toi, Seigneur, que j’ai confié ma cause ».

Eh bien, nous tous, enfants, jeunes et adultes, vivons cette Eucharistie comme une action de grâce, pour le bonheur que Dieu nous donne d’être aimés et de pouvoir lui faire confiance. Et portons aussi dans notre prière, toutes les personnes qui traversent des périodes de découragement et de doute.

Amen.
Et bonne fête à tous les Papas.

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