2ème Dimanche de Pâques – Dimanche de la Miséricorde

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Commençons par rendre grâce au Seigneur

Psaume 117 (118)

Refrain

RENDEZ GRÂCE AU SEIGNEUR : IL EST BON !
ÉTERNEL EST SON AMOUR !

1. Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

2. On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ;
mais le Seigneur m’a défendu.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.
Clameurs de joie et de victoire
sous les tentes des justes.

3. La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Evangile selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.


Homélie de Jean-Yves Lecamp

Chers paroissiens « confinés » dans votre appartement, dans votre maison, ou votre maison de retraite ou en EHPAD,

Nous voici déjà arrivés au 2ème dimanche de Pâques, dimanche de la Miséricorde, qui met particulièrement en lumière l’apôtre Thomas ; Saint Thomas ! l’incrédule ! appelé « Didyme ».

Il est probablement l’apôtre le plus populaire chez les croyants comme chez les incroyants. En effet, qui n’a pas entendu, et nous-mêmes l’avons-nous peut-être exprimé, cette exclamation : « moi, je suis comme Thomas, je veux des preuves »… S’il est si populaire, c’est probablement parce que nous nous retrouvons très bien dans ses réactions.

Après l’arrestation de Jésus, on ne les a pas beaucoup vus ; ils étaient cachés, même Pierre, trois fois, n’a pas voulu reconnaitre qu’il était son disciple.

Seul JEAN, qui s’est lui-même identifié comme « celui que Jésus aimait », l’a suivi jusqu’au bout. On le retrouve seul au pied de la croix, avec Marie. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus dans les tableaux illustrant la crucifixion de Jésus. Au pied de la croix, il y a toujours Marie, soutenue par Jean.

Après la mise au tombeau de Jésus, les apôtres se sont « confinés » car ils avaient peur de subir le même sort que leur Maître. Alors qu’ils étaient rassemblés dans leur maison verrouillée, Jésus vient leur rendre visite. L’Evangile ne nous dit pas pourquoi Thomas n’était pas avec eux ; peut-être avait-il déjà tourné la page de cette belle aventure avec le Christ ? Peu importe, Jésus revient exprès pour lui, le premier jour de la semaine où les apôtres ont pris l’habitude de se retrouver. Il vient lui offrir sa PAIX.

Jésus ne l’enfonce pas, ne lui fait pas de reproches. Il lui donne un conseil plein d’affection et de tendresse « Cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi ; puisque tu m’as vu, tu as cru. Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ». Voilà une nouvelle béatitude à ajouter à celles que Jésus a proclamées aux foules sur la montagne.

Ces paroles réchauffent le cœur des apôtres. Ce sont des paroles de miséricorde et elles leur font du bien. Ils sont à la joie de revoir leur Maître car cette paix qu’il vient leur offrir, c’est son pardon et ses encouragements : pardon pour leur abandon et leur manque de courage pendant son chemin de croix, et encouragements car il les connaît bien, ses disciples, pleins de générosité et aussi très fragiles et faibles.  Il faudra attendre la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte pour qu’ils sortent de leur maison et pour que Pierre puisse affermir ses frères dans l’Espérance.

Cette PAIX, le Christ nous l’offre aussi en ce dimanche de la Miséricorde.

Alors que nous sommes confinés, non pas par peur de la persécution ce qui est malheureusement encore le cas aujourd’hui pour un bon nombre de croyants dans le monde, mais par peur de la contamination du Covid 19, nous avons besoin d’encouragements et de paix sur le chemin de la foi.

Nous avons besoin de sentir le Christ auprès de nous. Le chemin de la foi, c’est comme un chemin de randonnée dans la montagne. Une montagne a toujours une face sud et une face nord. Il y a des moments où le sentier nous conduit sur la face sud, ensoleillée, agréable, et à d’autres endroits sur la face nord, sèche, sans verdure, et sans chaleur.

Dans le domaine de la foi, nous traversons des périodes d’enthousiasme, de générosité, de ferveur : c’est la face sud, mais il y a aussi des périodes souvent plus longues faites de doutes, de découragement, de tiédeur, où nous avons le sentiment de médiocrité, l’impression que le Christ est absent. Tous les mystiques sont passés par cette épreuve. La foi, c’est forcément les deux ; le doute n’est pas un péché ; c’est un passage nécessaire pour accéder à une foi réaliste, paisible, et engagée. Dans ces moments de doute, nous aussi, nous sommes à la recherche de preuves sensibles, comme Thomas mais nous n’en aurons que dans le témoignage de toutes celles et ceux qui ont vécu avec le Christ une rencontre réelle, non apparente mais empreinte de fidélité.

Le petit extrait des Actes des Apôtres proposé en 1ère lecture de ce dimanche (2,42-47) nous révèle la façon dont les premiers chrétiens ont vécu leur fidélité au Christ. La toute première Eglise s’est constituée autour de 4 pratiques essentielles :
–       La prière
–       Le témoignage et l’enseignement des apôtres
–       La fraction du pain
–       Le service du frère, particulièrement les plus démunis

Enracinés dans ces 4 éléments, les disciples ont donné l’image d’une Eglise ouverte, dynamique, à laquelle s’adjoignirent beaucoup de gens qui y trouvait le salut.

L’Esprit Saint était déjà à l’œuvre dans cette première Eglise. Encore, aujourd’hui, notre Pape nous rappelle que nous devons « sortir de nos maisons et rejoindre les périphéries ».

Forts de notre baptême et de notre confirmation, nous voilà envoyés annoncer la Bonne Nouvelle du Salut à toutes celles et ceux avec lesquels nous partageons la vie.

Comme le rappelle l’apôtre Pierre, dans la 2ème lecture de ce dimanche (1,3-9) : « Dieu, dans sa miséricorde, nous a fait renaître (c’est-à-dire engendrer de nouveau) pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts ».

A l’initiative de Pierre, tressaillons d’allégresse, malgré les diverses épreuves que nous trouverons sur notre chemin de foi, dans Celui que nous aimons sans le voir encore, car désormais, c’est cette absence qui ouvre un espace qui permet la foi libre.

Mes amis, tenons bien dans l’espérance et que la PAIX du SEIGNEUR SOIT TOUJOURS AVEC VOUS ! AMEN

Jean-Yves LECAMP


Prions :

Dieu mon Père, alors que le soleil se lève, me voici pour faire ta volonté.

Entoure-moi aujourd’hui de ta tendresse, Jésus mon Sauveur, tout au long de ce jour, sois mon compagnon de route ; je t’offre ce que je suis et ce que je ferai.

Esprit Saint, donne moi de vivre sous ta conduite, et viens produire en moi les fruits d’amour, de joie et de paix.


Homélie du pape François, dimanche de la Miséricorde 2016

« Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre » (Jn 20, 30). L’Évangile est le livre de la miséricorde de Dieu, à lire et à relire, parce que tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de la miséricorde du Père. Toutefois, tout n’a pas été écrit ; l’Évangile de la miséricorde demeure un livre ouvert, où continuer à écrire les signes des disciples du Christ, gestes concrets d’amour, qui sont le meilleur témoignage de la miséricorde. Nous sommes tous appelés à devenir écrivains vivants de l’Évangile, porteurs de la Bonne Nouvelle à tout homme et à toute femme d’aujourd’hui. Nous pouvons le faire en mettant en pratique les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles, qui sont le style de vie du chrétien. Par ces gestes simples et forts, parfois même invisibles, nous pouvons visiter tous ceux qui sont dans le besoin, portant la tendresse et la consolation de Dieu. On poursuit ainsi ce que Jésus a accompli le jour de Pâques, quand il a répandu dans les cœurs des disciples effrayés la miséricorde du Père, soufflant sur eux l’Esprit Saint qui pardonne les péchés et donne la joie.

Toutefois, dans le récit que nous avons écouté émerge un contraste évident : il y a la crainte des disciples, qui ferment les portes de la maison ; de l’autre, il y a la mission de la part de Jésus, qui les envoie dans le monde porter l’annonce du pardon. Il peut y avoir aussi en nous ce contraste, une lutte intérieure entre la fermeture du cœur et l’appel de l’amour à ouvrir les portes closes et à sortir de nous-mêmes. Le Christ, qui par amour est passé à travers les portes closes du péché, de la mort et des enfers, désire entrer aussi chez chacun pour ouvrir tout grand les portes closes du cœur. Lui, qui par la résurrection a vaincu la peur et la crainte qui nous emprisonnent, veut ouvrir tout grand nos portes closes et nous envoyer. La route que le Maître ressuscité nous indique est à sens unique, elle avance dans une seule direction : sortir de nous-mêmes, sortir pour témoigner de la force de guérison de l’amour qui nous a conquis. Nous voyons devant nous une humanité souvent blessée et craintive, qui porte les cicatrices de la douleur et de l’incertitude.

Face à l’imploration douloureuse de miséricorde et de paix, nous entendons, aujourd’hui adressée à chacun de nous, l’invitation confiante de Jésus : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (v. 21).

Chaque infirmité peut trouver dans la miséricorde de Dieu un secours efficace. Sa miséricorde, en effet, ne s’arrête pas à distance : il désire venir à la rencontre de toutes les pauvretés et libérer des nombreuses formes d’esclavage qui affligent notre monde. Il veut rejoindre les blessures de chacun, pour les soigner.

Être apôtres de miséricorde signifie toucher et caresser ses plaies, présentes aussi aujourd’hui dans le corps et dans l’âme de tant de ses frères et sœurs. En soignant ces plaies nous professons Jésus, nous le rendons présent et vivant ; nous permettons à d’autres, de toucher de la main sa miséricorde, de le reconnaître « Seigneur et Dieu » (cf. v. 28), comme fit l’Apôtre Thomas. C’est cela la mission qui nous a été confiée. Tant de personnes demandent d’être écoutées et comprises. L’Évangile de la miséricorde, à annoncer et à écrire dans la vie, cherche des personnes au cœur patient et ouvert, « bons samaritains » qui connaissent la compassion et le silence face au mystère du frère et de la sœur ; il demande des serviteurs généreux et joyeux, qui aiment gratuitement sans rien exiger en échange.

« La paix soit avec vous ! » (v. 21) : c’est le salut que le Christ adresse à ses disciples ; c’est la même paix qu’attendent les hommes de notre temps. Ce n’est pas une paix négociée, ce n’est pas l’arrêt de quelque chose qui ne va pas : c’est sa paix, la paix qui vient du cœur du Ressuscité, la paix qui a vaincu le péché, la mort et la peur. C’est la paix qui ne divise pas, mais unit ; c’est la paix qui ne laisse pas seuls, mais nous fait sentir accueillis et aimés ; c’est la paix qui demeure dans la douleur et fait fleurir l’espérance. Cette paix, comme le jour de Pâques, naît et renaît toujours du pardon de Dieu, qui enlève l’inquiétude du cœur. Être porteuse de sa paix : c’est la mission confiée à l’Église le jour de Pâques. Nous sommes nés dans le Christ comme instruments de réconciliation, pour porter à tous le pardon du Père, pour révéler son visage de seul amour dans les signes de la miséricorde.

Dans le Psaume responsorial il a été proclamé : « Son amour est pour toujours » (117/118, 2). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle ; elle ne finit pas, elle ne s’épuise pas, elle ne se rend pas face aux fermetures, et elle ne se fatigue jamais. Dans ce « pour toujours » nous trouvons un soutien dans les moments d’épreuve et de faiblesse, parce que nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne pas : il demeure avec nous pour toujours. Remercions pour son si grand amour, qu’il nous est impossible de comprendre : il si grand ! Demandons la grâce de ne jamais nous fatiguer de puiser la miséricorde du Père et de la porter dans le monde : demandons d’être nous-mêmes miséricordieux, pour répandre partout la force de l’Évangile, pour écrire ces pages de l’Évangile que l’apôtre Jean n’a pas écrites.

Pape François

Chant d’envoi

Refrain
Criez de joie, Christ est ressuscité !
Il est vivant comme il l’avait promis,
Alleluia, Christ est ressuscité !
Il nous ouvre la vie !

1-Au milieu de notre nuit, la lumière a resplendi.
La vie a détruit la mort. Christ ressuscité !

2-Vous les anges, louez-le, exultez depuis les cieux !
Tous les vivants louez Dieu ! Christ ressuscité !

3-Louez Dieu dans sa grandeur, louez Dieu notre Sauveur !
Sans fin louez le Seigneur ! Christ ressuscité !

4-Accueillez en votre cœur Jésus Christ l’Agneau Vainqueur !
Il est le Chemin, la Vie , Christ ressuscité !

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